La vision que nous sert actuellement la plupart des médias des
événements en Syrie est partisane et symptomatique d’une approche
très occidentale de ce que doit être la liberté et la démocratie.
Une approche très manichéenne des choses sur laquelle il faut être
très circonspect.
Le Peuple syrien est un Peuple fier, instruit avec une très grande
Histoire.
S’il est vrai que la Syrie n’est pas une démocratie, il faut bien
comprendre et garder à l’esprit que le soulèvement du Peuple syrien
décrit par les médias n’est en fait que le soulèvement armé d’une
minorité.
Si dans une démocratie, la minorité a droit de cité, elle ne peut
gouverner. Pourquoi en serait il autrement pour la Syrie. Pourquoi
voudrait-on donner le pouvoir aux frères musulmans ou aux Salafistes
en Syrie. Ils sont anti démocrates, intolérants à l’égard des autres
religions (voyez les Koptes en Egypte) et liberticide.
Les « printemps arabes » ont été des mouvements qui ont permis, à
chaque fois, à la minorité des salafistes et des frères musulmans
d’accéder au pouvoir. Il en est ainsi en Lybie, en Tunisie, en
Egypte, au Maroc ainsi qu’au Nigéria. Leur capacité à se structurer
leur permet de naitre dans le chaos. Pour le plus grand désarroi des
progressistes et des démocrates locaux qui se trouvent démunis de ce
qu’ils ont parfois initié.
Ces révolutions vont dans la continuité d’un mouvement initié par
les attentats du 11 septembre 2001 qui permirent de créer un choc
des civilisations entre l’Occidents et l’Orient. Les attentats du 11
septembre étaient financés par les frères musulmans soutenus en sous
main par l’Arabie Saoudite et le Qatar.
Aujourd’hui, plusieurs pays ont intérêt à ce que la Syrie change de
régime :
- la Turquie en armant, en soutenant financièrement et
logistiquement les « insurgés » retrouverait une maitrise une
influence sur la région qu’elle avait à l’époque de l’empire
ottoman. Cela lui permettrait également de régler « le problème
kurde ».
- Les Occidentaux qui veulent isoler l’Iran,
- Et les pays du Golfe, Qatar et Arabie Saoudite en tête qui mènent
une conquête religieuse de l’Orient.
On le voit, si les objectifs visent un même résultat, les intérêts
sont très différents. Pour l’occident les alliances d’aujourd’hui
pourraient devenir les problèmes cruciaux du futur, avec une
nouvelle bi polarisation du monde entre Occidents et
fondamentalistes religieux qui trouveraient un terreau géopolitique
à leur expansion.
Rappelons qu’en Iran, les religieux étaient minoritaires. Ils ont
pris le pouvoir avec l’assentiment des occidentaux. Aujourd’hui les
Mollah sont sur le point d’avoir la bombe atomique, ce qui
représente une menace réelle sur le monde.
La « Démocratisation » de L’Irak par les Américains en a fait un
pays instable.
Chaque ingérence de l’Occident crée l’instabilité. Les Peuples
doivent évoluer à leur rythme, pas par l’ingérence.
Pour revenir à la Syrie, il s’agit d’un pays qui s’est énormément
ouvert depuis l’arrivée au pouvoir de Bachar el Assad. Le pays s’est
développé, ouvert et modernisé en moins de 20 ans à un rythme jamais
vu. La Syrie a toujours était un état laïc où toutes les religions
ont leur place.
Si vous vous rendez en Syrie, vous verrez que les Syriens dans une
très grande majorité, ne sont pas contre leur président. Ils ont
peur de l’instabilité et ont souffert de la crise. Mais pour eux, la
solution ne sera pas amenée par les bandes armées qui veulent une
guerre civile.
La Syrie peut être un allié dans la stabilisation du Proche Orient.
Son alliance avec l’Iran est pragmatique. Elle lui a permis
d’échapper à une attaque des Etats-Unis lorsque ceux-ci étaient en
guerre contre l’Irak et affichaient leur volonté d’ouvrir le front
sur la Syrie.
La Syrie est incontournable. Israel le sait, qui observe le silence
et n’a pas intérêt à voir un nouveau régime religieux à ses portes.
L’Occident continue de jouer aux apprentis sorciers avec l’Orient.
Jusqu’à quand ?