samedi 31 mars 2012

Le printemps en Syrie

La vision que nous sert actuellement la plupart des médias des événements en Syrie est partisane et symptomatique d’une approche très occidentale de ce que doit être la liberté et la démocratie.
Une approche très manichéenne des choses sur laquelle il faut être très circonspect.

Le Peuple syrien est un Peuple fier, instruit avec une très grande Histoire.

S’il est vrai que la Syrie n’est pas une démocratie, il faut bien comprendre et garder à l’esprit que le soulèvement du Peuple syrien décrit par les médias n’est en fait que le soulèvement armé d’une minorité.
Si dans une démocratie, la minorité a droit de cité, elle ne peut gouverner. Pourquoi en serait il autrement pour la Syrie. Pourquoi voudrait-on donner le pouvoir aux frères musulmans ou aux Salafistes en Syrie. Ils sont anti démocrates, intolérants à l’égard des autres religions (voyez les Koptes en Egypte) et liberticide.

Les « printemps arabes » ont été des mouvements qui ont permis, à chaque fois, à la minorité des salafistes et des frères musulmans d’accéder au pouvoir. Il en est ainsi en Lybie, en Tunisie, en Egypte, au Maroc ainsi qu’au Nigéria. Leur capacité à se structurer leur permet de naitre dans le chaos. Pour le plus grand désarroi des progressistes et des démocrates locaux qui se trouvent démunis de ce qu’ils ont parfois initié.
Ces révolutions vont dans la continuité d’un mouvement initié par les attentats du 11 septembre 2001 qui permirent de créer un choc des civilisations entre l’Occidents et l’Orient. Les attentats du 11 septembre étaient financés par les frères musulmans soutenus en sous main par l’Arabie Saoudite et le Qatar.

Aujourd’hui, plusieurs pays ont intérêt à ce que la Syrie change de régime :
-  la Turquie en armant, en soutenant financièrement et logistiquement les « insurgés » retrouverait une maitrise une influence sur la région qu’elle avait à l’époque de l’empire ottoman. Cela lui permettrait également de régler « le problème kurde ».
- Les Occidentaux qui veulent isoler l’Iran,
- Et les pays du Golfe, Qatar et Arabie Saoudite en tête qui mènent une conquête religieuse de l’Orient.

On le voit, si les objectifs visent un même résultat, les intérêts sont très différents. Pour l’occident les alliances d’aujourd’hui pourraient devenir les problèmes cruciaux du futur, avec une nouvelle bi polarisation du monde entre Occidents et fondamentalistes religieux qui trouveraient un terreau géopolitique à leur expansion.

Rappelons qu’en Iran, les religieux étaient minoritaires. Ils ont pris le pouvoir avec l’assentiment des occidentaux. Aujourd’hui les Mollah sont sur le point d’avoir la bombe atomique, ce qui représente une menace réelle sur le monde.
La « Démocratisation » de L’Irak par les Américains en a fait un pays instable.
Chaque ingérence de l’Occident crée l’instabilité. Les Peuples doivent évoluer à leur rythme, pas par l’ingérence.

Pour revenir à la Syrie, il s’agit d’un pays qui s’est énormément ouvert depuis l’arrivée au pouvoir de Bachar el Assad. Le pays s’est développé, ouvert et modernisé en moins de 20 ans à un rythme jamais vu. La Syrie a toujours était un état laïc où toutes les religions ont leur place.
Si vous vous rendez en Syrie, vous verrez que les Syriens dans une très grande majorité, ne sont pas contre leur président. Ils ont peur de l’instabilité et ont souffert de la crise. Mais pour eux, la solution ne sera pas amenée par les bandes armées qui veulent une guerre civile.

La Syrie peut être un allié dans la stabilisation du Proche Orient. Son alliance avec l’Iran est pragmatique. Elle lui a permis d’échapper à une attaque des Etats-Unis lorsque ceux-ci étaient en guerre contre l’Irak et affichaient leur volonté d’ouvrir le front sur la Syrie.

La Syrie est incontournable. Israel le sait, qui observe le silence et n’a pas intérêt à voir un nouveau régime religieux à ses portes.

L’Occident continue de jouer aux apprentis sorciers avec l’Orient. Jusqu’à quand ?